Héraldique Vivante

Chaque personne de nationalité belge peut se faire reconnaître des armoiries qui lui seront désormais réservées en Belgique à lui et à sa famille. Il importe toutefois d'être prudent dans ce domaine, car l'usurpation d'armoiries historiquement établies est assimilée aux faux en signature puisque les blasons étaient initialement utilisés pour sceller et authentifier des actes.

En Belgique, seules les armoiries concédées par le roi en même temps qu'un titre nobiliaire sont enregistrées par le " Conseil de Noblesse ". Aussi l'Office, qui jouit d'une autorité indiscutée en la matière, a-t-il pris l'initiative de vérifier la composition orthodoxe des blasons qui lui sont soumis en dehors de cette concession officielle, et notamment ceux des personnes non nobles. Il n'accepte d'approuver que les blasons n'usurpant pas le droit de tiers, du moins à sa connaissance. Les représentations graphiques proposées par les demandeurs sont accompagnées de la description correcte du blason, de l'indication de son origine, éventuellement de sa symbolique, et du nom du ou des titulaires et ayant droit. Cette procédure est destinée à éviter aux demandeurs des contestations ultérieures, toujours désagréables.

Seul l'écu est publié, à l'exclusion des ornements extérieurs.

A. Reconnaissance d'armoiries anciennes

Pour justifier l'usage d'un blason ancien, il faut se rattacher en ligne masculine au titulaire de l'écu recensé et le prouver. Au cas où les ancêtres du candidat auraient fait usage de plusieurs blasons différents, il faut s'éclairer sur les motifs des changements; à défaut de les connaître, il convient de s'en tenir à celui qui a été d'un usage le plus fréquent ou qui est le plus conforme aux règles héraldiques.

Il faut souligner que ce n'est pas parce qu'on n'a pas retrouvé d'armoiries dans son ascendance masculine qu'elle n'en a jamais porté : bon nombre de documents se sont perdus ou ont été détruits avant d'arriver jusqu'à nous. Si dans quelques années, après s'être créé un blason, les recherches du titulaire lui font découvrir celui d'un ancêtre, il peut à ce moment le revendiquer et abandonner le premier.

B. Création de blasons modernes

Si un chercheur n'a trouvé chez aucun de ses ancêtres l'usage d'armoiries, mais bien chez un homonyme non rattaché, surtout qu'il ne cède pas à la forte tentation de prendre tout ou partie de son blason : s'il n'y a aucun déshonneur à porter un écu nouvellement créé, il y en a à faire usage d'un écu usurpé. Mieux vaut se composer un blason nouveau.

L'inspiration peut prendre sa source soit dans l'évocation du nom de famille, ou directement, ou par un jeu de mots, composant un blason " parlant " c'est-à-dire reflétant le nom, soit dans le rappel des professions ou des rôles tenus par la famille, ou d'un haut fait de celle-ci, soit encore dans l'apparentement à des armes de familles illustres de sa région d'origine, sans qu'il puisse s'agir bien entendu de copie servile.

Le blason peut aussi être le reflet de la personnalité, un symbole de l'idéal de vie du candidat et un ralliement pour ses descendants à l'instar des bannières d'autrefois.

S'il ignore les règles de l'héraldique, il doit savoir que l'on ne met jamais métal sur métal (or, ou jaune, et argent, ou blanc) ni émail sur émail (gueules, azur, sable et sinople, soit rouge, bleu, noir, vert); les fourrures (hermine et vair) peuvent se placer indifféremment. L'Office peut toujours conseiller en la matière et faire des suggestions.

Il vaut mieux éviter les pièces ou meubles trop répandus, tels que le chevron, le lion, la fleur de lis, l'aigle, et être original, sans verser cependant dans le mauvais goût.

Le blason se transmet à tous les descendants du ou des porteurs, pour autant qu'ils aient le même nom.

C. Procédure

Les membres qui désirent faire enregistrer leur blason familial ou personnel, ancien ou nouveau, sont priés de s'adresser au greffier de la Commission d'héraldique vivante, qui leur indiquera la procédure à suivre. Un formulaire ad hoc leur sera adressé. L'Office, à titre de participation aux frais de contrôle, de dessin et de publication dans le Parchemin (indispensable pour assurer l'antériorité de votre droit vis-à-vis des tiers), demande une contribution (voir les conditions sur le formulaire). Certains annuaires, comme le " Carnet mondain ", soumettent à l'approbation préalable de l'Office l'utilisation dans leurs pages d'armoiries non nobles.